Par Elki Mercier, pour le comité exécutif

Une revendication sans rapport de force reste une demande polie. Un gouvernement peut ignorer une pétition. Il peut repousser une rencontre. Il peut promettre une étude. Il peut attendre que l’attention médiatique passe. Il peut attendre la « bonne conjoncture ». Ce qu’il peut difficilement ignorer, c’est une jeunesse organisée qui décide que c’est assez.
L’heure n’est plus aux promesses électorales vides. Surtout pas lorsqu’on passe des 24h à l’urgence, quand les enseignant·e·s manquent et que les services publics s’écroulent. Encore moins quand on ne peut plus se payer une épicerie, qu’on ne peut même pas payer le loyer d’une collocation à six, que la seule manière d’étudier soit de s’endetter, que les petits boulots étudiants se font rares, mais particulièrement lorsque ceux-ci ne permettent pas de survivre au coût d’une vie médiocre. Il faut le dire : il n’y a pas de « bonne conjoncture » à vouloir une vie digne.
Et pendant que l’on tente de survivre, que fait la classe politique sinon nous jouer du violon aux oreilles en rejetant le blâme sur les personnes immigrantes? Ils maintiennent un système. Un système qui mise sur notre exploitation, notre épuisement et notre complaisance. Un système qui les avantage, où le profit passe avant le droit fondamental de se loger, de se nourrir et de vivre dignement. Après tout, ce ne sont pas des gens comme nous, iels sont propriétaires, iels sont PDG, iels sont riches, iels ne partagent pas notre réalité de fin du mois et n’ont donc aucun intérêt à la changer.
Voilà, si la crise perdure, c’est qu’ils la maintiennent et qu’ils se foutent bien de nous.
C’est pourquoi, même avec des élections, la nécessité de la mobilisation demeure afin d’obliger la classe politique à faire de nous une priorité. Cela passe entre autres en restant critique du pouvoir en place, en participant aux manifestations et en encourageant les actes de résistance. C’est également en se retrouvant autour d’un repas, en prenant le temps de se connaître et de prendre soin les uns-les unes des autres que nous construirons un rapport de force capable d’arracher des gains. Parce que pour gagner, il faudra être nombreux·ses, organisé·e·s et capables d’exercer une pression réelle sur le gouvernement. Il faudra unir nos luttes et construire un front commun étudiant à l’échelle du soi-disant Québec. Et pour que ce front commun ait le poids nécessaire pour faire bouger les choses, il faut la grève.
Soyons clair·e·s, le prochain gouvernement, peu importe sa couleur, devra prendre action. Pas de fausses promesses, pas d’études qui n’aboutissent pas, pas de plan de réforme sur 20 ans, pas « d’autres priorités ». Ce qu’on veut, c’est un refinancement massif en éducation et une réforme de l’aide financière aux études et ça doit se faire maintenant. Parce qu’on veut vivre maintenant. Pas dans 5 ans, pas dans 10 ans. Maintenant.
Arrêtons d’être poli·e·s quand on nous crache au visage. Si le gouvernement choisit de gagner du temps, de multiplier les belles paroles et de continuer à nous ignorer, la CRUES et ses associations membres sont prêtes à passer à l’action. Une semaine de grève est déjà prévue du 9 au 13 novembre, et si le gouvernement persiste dans son inaction, la mobilisation se poursuivra par une grève générale illimitée à l’hiver 2027.
D’ici là, on se retrouve dans la rue, le 3 octobre prochain, où deux grandes manifestations auront lieu à Tiohtià:ke (Montréal) à 14h au Parc Lafontaine, à la statue Debout! de Félix Leclerc et à Kebec (Québec) à 13h au jardin Jeanne-d’Arc, sur les plaines d’Abraham, afin de porter les revendications de la CRUES et rappeler que les urnes peuvent changer un gouvernement, mais qu’elles ne remplaceront jamais l’organisation collective.
Ne tombez pas dans leur piège, pour gagner, il faut bien plus qu’aller voter : il faut la grève générale illimitée.