Par le comité journal de la CRUES
Nous devons nous battre contre le gouvernement pour empêcher l’austérité et sortir de la pauvreté. En 1968, 1974 1978, 1986, 1996, 2005 et 2012, les étudiant·es se sont soulevé·es et ont changé le cours de l’histoire du soi-disant québec. Le mouvement étudiant a empêché des hausses des frais de scolarité et des coupes à l’Aide Financière aux Études, défendant l’éducation contre la marchandisation. Mais comment? Par la Grève Générale Illimitée (GGI).
La GGI est une grève étudiante dont la durée est indéterminée. Au lieu d’arrêter les cours pour une ou plusieurs journées, les étudiant·es commencent une grève qui ne se terminera que lorsque leurs revendications seront devenues réalité.
Typiquement, la grève dure un minimum d’une semaine, jusqu’à une assemblée générale de reconduction le jeudi ou vendredi. Durant cette assemblée, les étudiant·es discutent du déroulement de la grève et décident de continuer ou pas la grève pour une semaine supplémentaire. Le critère de victoire est une revendication claire qui permet d’envoyer un message clair aux autres étudiant·es qu’on veut rejoindre.
La GGI est généralement assortie d’un plancher de grève, c’est-à-dire que la grève n’est déclenchée dans une association étudiante que si suffisamment d’autres associations étudiantes embarquent dans la grève.
Pourquoi ça marche?
Le meilleur moyen de pression des travailleureuses a toujours été le refus du travail, provoquant des pertes massives de profit, l’obtention d’augmentations de salaire phénoménales et la réduction des heures de travail.
Pour les étudiant·es, c’est pareil. Les grand·es patron·nes du soi-disant québec (incluant le gouvernement) ont besoin d’une main d’œuvre spécialisée pour faire rouler leurs entreprises. Sans une grande réserve de diplomé·es à la recherche d’emploi, iels ne peuvent pas renvoyer et remplacer leurs employé·es et choisir les travailleureuses les plus obéissant·es.
Si une cohorte complète d’étudiant·es grève ses cours et obtient son diplôme un semestre en retard, les travailleureuses, actuel·les et futur·es, gagneront un levier gigantesque sur les patron·nes, car plus difficiles à remplacer. Il s’agit donc de créer une « pénurie de main-d’œuvre ». Les patron·nes devront payer plus en salaires et ralentir des projets parce que leurs employé·es démissionnent pour choisir un travail avec de meilleures conditions. C’est si efficace que, une fois la grève terminée, le gouvernement s’arrange toujours pour faire « rattraper » la session aux grévistes.
Le gouvernement provincial est l’employeur de 608 000 travailleureuses de la fonction publique, ce qui le rend très vulnérable à une grève étudiante. Travailleureuses sociaux, infirmier·ères, employé·es de bureau, ingénieur·es, enseignant·es, le gouvernement ne peut pas se passer d’elleux. Si le gouvernement coupe dans l’éducation, une grève peut rendre ces coupes non-rentables.
Si le coût de la revendication est inférieur au coût faramineux d’une grève, le gouvernement a deux choix : accepter les revendications ou (essayer de) réprimer le mouvement. En 2005, le gouvernement a cédé, en 2012 il a réprimé. Résultat : le gouvernement libéral a perdu les élections provinciales de 2012 et la hausse a été remplacée par un ajustement graduel à l’inflation, moins importante que la hausse prévue, une petite victoire.
Sans compter que la grève libère le temps des étudiant·es pour manifestations, blocages et actions artistiques, en plus de les regrouper chaque matin pour un piquetage. Imaginez des autoroutes, des ponts, des ports paralysés pendant des semaines. C’est ça, la puissance de la GGI.
Comment se rendre à la GGI?
La Coalition de Résistance pour l’Unité Étudiante Syndicale (CRUES) s’est dotée d’un plan vers la GGI à l’hiver 2026. Deux actions s’annoncent à l’automne 2026. On commence par une manifestation à Tiohtià:ke (Montréal) et Kebek (Québec) le samedi 3 octobre 2026, contre l’austérité, en pleine campagne électorale pour faire chier les partis politiques qui nous attaqueront tous autant que les autres.
Ensuite, la CRUES appelle à une semaine de grèves étudiantes du 9 au 13 novembre 2026 pour bloquer l’austérité. Si les grèves et manifestations rassemblent plusieurs milliers de personnes et que cinq associations étudiantes hors de Tiohtià:ke tiennent une semaine complète de grève en novembre, la CRUES se préparera à faire tomber la province entière en grève à l’hiver 2027.
Mais que se passe-t-il si ça ne bouille pas assez? S’il n’y a pas assez d’étudiant·es en grève, si le plancher de grève n’est pas atteint? On reporte la GGI et on continue de faire monter la température. On fait vivre un enfer au prochain gouvernement en manifestant, grèvant et bloquant tout ce qui fait de l’argent au gouvernement. On prépare la prochaine action en faisant du tractage et de l’affichage de rue. On continue de répandre la lutte dans toutes les pores de notre culture avec des textes, du théâtre, de la musique et de la poésie. Précarité partout, en route vers la GGI!