Relations asso-admin : Offensive du sourire et pacification

  COURRIER DU LECTORAT  

Ci-haut: toilettes au Cégep de Saint-Laurent

Le présent texte a été légèrement modifié afin qu’il respecte la politique éditoriale du journal.

Il est admis qu’au Cégep de Saint-Laurent, la porte des services pédagogiques à la vie étudiante est toujours ouverte. En effet, le message a été répété maintes fois :, il est possible pour les membres et exécutant·es de l’association étudiante de consulter ces ressources à tout moment, et d’être écouté dans une atmosphère collaborative et empathique. C’est en tout cas la rhétorique entretenue. Face au climat punitif et aux mesures de répression que subissent des associations étudiantes, comme celle du Cégep de Maisonneuve (SOGÉÉCOM), on pourrait être tenté de penser que les membres de l’AECSL (Association Étudiante du Cégep Saint-Laurent) vivent une idylle avec l’administration, et ce, malgré le climat d’austérité sauvage qui s’abat sur les institutions d’enseignement supérieur dans un Québec sous la botte des partis corporatistes.

Cette offensive du sourire déployée par l’administration masque un agenda moins avouable. Celle-ci n’est sans doute pas consciemment planifiée, mais résulte d’une dynamique structurelle : l’institution reste subordonnée à une volonté politique qui oriente ses priorités. En d’autres mots, elle découle d’un phénomène systémique qui dépasse largement de potentielles accusations de carriérisme dirigées vers les membres de la direction.

L’encadrement des comités de grève reste la mesure la plus flagrante qui caractérise les manœuvres de subversion portées contre l’association. À la sortie des assemblées, les goons des services aux étudiants se positionnent presque en embuscade : ils ciblent les exécutants les plus influençables afin de prendre en vitesse les membres plus aguerris qui pourraient constituer un comité de grève plus exigeant. En procédant ainsi, ils capturent le processus et imposent leurs termes sur les mobilisations. Les exécutant·es ainsi recrutés se voient immédiatement présenter un document soi-disant administratif à signer, document qui « encadre » la grève, mais, dans les faits, la réduit à un geste surtout symbolique plutôt qu’à un moyen de perturbation réelle.

Il est facile de voir que l’érosion graduelle de nos moyens de pression n’a mené qu’à un désengagement et une pacification de la mobilisation étudiante. L’AECSL en est réduite qu’à n’être qu’un organe de militantisme symbolique qui entretient la fâcheuse compulsion de demander à tout bout de champ des permissions pour organiser le moindre évènement, et qui accepte de se voir neutralisée selon les sensibilités des faux sourires au service de l’administration.

La réalité est que présentement, l’association, comparée à son organe sœur, la SOGÉÉCOM, n’assure plus efficacement sa fonction de mobilisation politique. Elle peine à transformer le mécontentement étudiant en actions collectives structurées, ainsi qu’à assurer la transmission des expériences militantes au sein même de son comité exécutif. Il devient alors nécessaire de se réapproprier les espaces et l’initiative ainsi que de cesser d’apaiser les caprices d’une structure assujettie aux intérêts antisociaux des gouvernements corporatistes.

Vivement un mandat de méfiance contre ces organes spoliateurs de la démocratie étudiante!